lundi 5 mars 2018

Reprise et résurrection de la com'

La dernière oeuvre affichée en 2016 était un avatar du dieu romain Janus, celui qui a donné son nom au mois de Janvier. Il a le don de voir le passé et l'avenir, il nous assiste dans le passage à la nouvelle année (2017) :

Haut le cœur de Janus


Un an : belle rupture de com' !
Mais aussi un répit pour la création...
De plus en plus, j'avance à l'intuition, c'est-à-dire sans objectif "précisé".
Après coup, je tâche de comprendre ce qui apparaît de la première étape, et - progressivement - de "serrer" une vague cohérence !
Et, petit à petit, je perçois une lente verbalisation qui deviendrait un titre, in fine !

Aujourd'hui : une tête de chêne fendue - bien sûr trop vert, et encore aléatoire -, mise en scène a minima :


Pharaon bougon, chêne peint, 62 x 50 cm, verso.


Pharaon..., recto.

Pour honorer un reste d'iroko, une pièce de jeu d'échecs inopinément figurative :

Brimborion, iroko, 40 x 16 x 9 cm.


Simplicité stupéfiante qui me conduit à l'appellation  "borne", comme naguère je titrais "colonne, stèle, trépied", etc. :

Borne répertoire, chêne, 59 x 20 x 20 cm.



Mini installation :


Commerce de bois en deux langues, chêne, 70 x 25 cm. 



Ah! quelle splendeur de chêne ! Je respecte son calibrage de bois de construction, mais, en contrepoint, je l'ornemente de motifs maniérés, "précieux"...



Autre vue..

Songe d'une vie d'étai, chêne, 61 x 47 x 32 cm.



Trafic en tout genre :

Chouette, déjà fait ! aubier de cerisier et poirier,
43 x 45 cm.


 Présence inattendue :

Fanfaron, chêne, 72 x 16 x 20 cm.


Proposition amphigourique pour volatile (marketing oblige!), "et ite, sculptura est !"

Borne-promesse, granit et chêne, 58 x 27 x 20 cm.



Piège pour géomètre mythomane :


Borne médusante, chêne, 107 x 20 x 20 cm




Dressé hors aplomb pour grignoter l'espace :


Fantaisie debout, chêne et fer, 134 x 15 x 15 cm.


Deux madriers imbibés de longue date, par pression du raisin, et dressés à l'air libre et... à faire les intéressants :
- l'étendoir mime sa fonction ;
- les médias craignent de tomber en oubli...
Des madriers madrés, quoi !

Étendoir médiéval, chêne, 79 x 48 x 28 cm.


Faisceau de médias, chêne polychrome,
 80 x 50 x 32 cm.

Recto.


Deux cippes en dialogue, avec mimétisme suggéré, le tout en hommage aux ornements médiévaux de la cathédrale de Bayeux :




Deux cippes en flirt, iroko polychrome
107 x 36 x 40 cm.


Un compte à régler avec une oeuvre ancienne :

Métissage, chêne, 78 x 22 x 15 cm.

Un dernier "cadeau" :

Paquet serti, chêne peint, 38 x 28 cm.

Recto...






















Ainsi, dressé et repérable comme objet signifiant, le bois se borne à "être là"! Je l'agrémente par pur plaisir d'agir sur le matériau en y évoquant une atmosphère, bredouillant mon "idée fixe". Et je reste dans des formats manipulables, façon de m'adresser à un regard autre - même spatialité que moi. Echange infiniment silencieux.


Francis Piquot
277 rue de Cormery
37550 Saint-Avertin
Tél. 02 47 80 00 81



lundi 21 novembre 2016

"Incertitude, ô mes délices..."

Renonçant à suivre "les écrevisses" d'Apollinaire, nous nous avançons vers les bois disponibles : tel se présente le travail, les beaux jours de 2016. 
Le désir de pratiquer et l'opportunité offerte par le support, voilà ce qui peut passer pour de... "l'Inspiration", comme on dit.
Or donc, cheminons avec une ...



Carapace de voyage, noyer, 79 x 34 cm
























... vers un" lieu de rencontre"...


Lieu de rencontre, houx, 25 x 24 cm


Tentons d'entendre Cassandre* (voir commentaire en fin de message)...



Cassandre, orme, 48 x 20 x 13 cm
























... et d'être épargnés par cette....


Bouche à feu réfractaire, poirier, 69 x 18 cm


Petite énigme : une pièce sans nom, entre minéral et végétal ? 


La Fougère Sphynx, prunier, 43 x 18 cm
Pour rester dans les archétypes identifiables, tels - précédemment - le Kouros et la Korê, nous découvrons (lors d'une installation fortuite) une connivence avec.... 

Vert jeune homme et Blanche fille, peuplier, 89 x 32 cm
Grosse chaleur, lumière d'août. Une pause.
Et revoilà ma troisième et dernière douve de foudre, en chêne précieux (très vieux et bien préparé par son ancienne fonction).
La première douve était traitée en triptyque, la seconde en trépied et... adieu le trois, tirons le cinq ! Ces cinq morceaux seront dressés en cercle.



Spleen d'un conciliabule, chêne, 53 x 30 cm

Le support tabouret n'était, à l'origine, qu’un instrument provisoire :  il s'est imposé, serviteur loyal et définitif.
Quant au germe rouge, c'est lui qui évoque le spleen. Au XVIIIe siècle  Diderot expliquait, dans une lettre à Sophie Volland, que le mot "spline" (sic) désignait "les vapeurs anglaises". On peut aussi penser (puisque la proposition visuelle suggère le retour au foudre originel) à "la part des Anges", célèbre formule d'origine alchimique, qui promet toute sorte de divagations...




Promenons-nous dans LE bois... Le Loup n'y est pas... C'est un...


Coryphée (de dos)
frêne, 54 cm

... de face...





















Pause.
Et reprise d'une ancienne torsade de 2007, pour "pousser l'outil" sur...



Parade d'épi, orme, 60 x 41 cm







































Autre tâche :
rejoindre une mal aimée, donc abandonnée et lui adjoindre un socle d'ormeau galeux. Ce sera...



Les haut-le-cœur de Janus, orme,
70 x 37 x 15 cm























Début novembre, les feuilles chutent... Chut !

Francis Piquot
277 rue de Cormery
37550 Saint-Avertin
Tél. 02 47 80 00 81


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Commentaire



“ Hommage à Cassandre”

Un bois pâle, presque minéral. Un visage mutique,
où il faut lire à livre fermé.
C’est Cassandre qui s’est murée là...

L’épaisse tresse de ses cheveux noués serait le souvenir de la beauté qui séduisit Apollon ?
Mais le dieu auquel elle avait extorqué le don de prophétie, - sans se donner à lui -, s’est vengé cruellement : Cassandre était moquée, on ne la croyait pas.

Désormais, Cassandre ne parle plus. Protégée par le poli du bois, elle ne voit plus le monde ingrat.
Un air dégagé, gracieux, nous dit qu’elle est heureuse.

Ludovic le Soutier

lundi 21 mars 2016

Automne-hiver 2015-2016

De retour de "campagne" (expo de Chédigny), un rendez-vous attendu : une poutre de chêne. 2 m, c'est bien long et "in-manœuvrable"... Occuper l'espace, en la coupant et en dressant les deux morceaux - l'un touchant l'autre en un point.  Contact a minima, qu'il me faudra sécuriser, avant de penser les ondes du projet, comme on fait des ronds dans l'eau !


Épaulement, 2015, chêne, 82 x 50 x 22 cm



Autre vue...

Profil


























Vue d'atelier

Rostre, 2015, poirier, 98 cm


Confidence :
destruction d'un travail de 2005 (Femme XXIV, 60 cm), abricotier ; fendu en deux parties, lesquelles seront aboutées et me laisseront négocier un autre projet, dans une nouvelle féminité. Les rondeurs sont donc "empreintes"...

Rondeurs "empreintes"..., abricotier, 97 x 24 cm

Rondeurs... l'autre point de vue !

Don gracieux d'un facteur de didgeridoo :

Pilori d’agrément, 2015, frêne, 170 cm

Rompre le cylindre dodu, d'où pourrait sortir le" vivant intérieur":

Émancipation, 2015, poirier, 55 x 30 cm

Autre vue
























Clin d’œil à la Grèce antique :
ou comment proposer deux archétypes au brillant souvenir d'élégance discrètement érotique, en respectant la géométrie triviale d'un bois de construction ?

Kouros
Kouros ? Yves Saint Laurent a déjà utilisé le mot pour une célèbre ligne de parfums…Francis Piquot est plus fidèle à la tradition de la Grèce archaïque, dont les statues de jeunes gens- et de jeunes filles- étaient en bois avant d’être en pierre. 
L. Jouannet

Kouros-korè, 2015-2016, iroko, 88 cm

Bien sûr, le kouros est toujours nu, et la korè vêtue d'une tunique, dont l'artiste se plaît à suggérer le drapé...
"Kouple"


Comment s'amuser "à l’œil" avec de vieilles ficelles ?
Ce petit bout de prunier est grandement dense et chaud... S'y  baigner avec paresse !
Le tissu peint masque et révèle à la fois mon doute.

Cagoule aux aguets, 2016,
prunier, 35 cm

Profil...



Le fût de noyer, et tout son aubier,
nouvelle vanité ?
A moins de trouver une lecture émotive ?
Et rebondir...?


... noyer, 75 x 19 cm
Sémiramis, 2016...






















Sémiramis en son jardin

Sémiramis ? Un nom qui chante et qui fait rêver… Il signifie « colombe » en langue syrienne, comme le disent les savants. La légende rapporte aussi la belle histoire d’une petite fille, née d’une déesse et d’un mortel, « exposée » à sa naissance, et nourrie… par des colombes, qui dérobaient à des bergers des gouttes de lait dans leur bec… Elle est devenue ensuite une de ces reines mythiques, belles, intelligentes, guerrières, conquérantes, bâtisseuses de villes… Elle a fondé Babylone* !
*Mais non ses jardins suspendus,  précise Diodore de Sicile, qui est bien renseigné : les fameux jardins ont été conçus pour une femme plus fragile, plus sentimentale, chouchoutée par son époux (Nabuchodonosor !) qui voulait lui restituer le paradis de ses origines, la Perse. C’est une tout autre histoire…

La sculpture de Francis Piquot est immédiatement séduisante, tout en inspirant le respect : le port est royal, la tenue d’apparat, mais sans ostentation, comme la vraie puissance. Les orfèvres et les brodeurs se sont bien appliqués - c’est ce que l’on attend d’eux -, et l’œil du spectateur peut s’aventurer dans les détails. Entre les arcades et les perspectives, les « motifs » de la robe peuvent – ou non – suggérer tout un monde.
La reine se montre pour se faire admirer, mais elle ne nous voit pas, elle est à la fois très intensément présente et hors de l’espace et du temps.


Liliane Jouannet

Francis Piquot
277 rue de Cormery
37550 Saint-Avertin
Tél. 02 47 80 00 81